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La démocratisation du capital-investissement s'accélère en France, portée par la loi et l'assurance-vie
Longtemps réservé aux institutionnels et aux grandes fortunes, le capital-investissement s'ouvre aux particuliers français. En 2025, 3,1 milliards d'euros ont été collectés auprès des épargnants pour le non coté, en hausse de 8 % sur un an.
Le chiffre en contexte
Le capital-investissement (la prise de participation dans des entreprises non cotées en Bourse) a bénéficié d'un effet conjugué : une nouvelle loi et l'entrée du non coté dans l'assurance-vie. Selon l'étude France Invest sur l'accès des épargnants au non coté (données à fin 2025), les encours détenus par les particuliers atteignent 14,5 milliards d'euros, tous actifs privés confondus — capital-investissement, dette privée, infrastructures (source : France Invest, avril 2026). La dynamique vient surtout de l'assurance-vie : les souscriptions y ont bondi de 25 % sur un an, à 2,6 milliards d'euros. Le moteur réglementaire est la loi Industrie Verte (loi du 23 octobre 2023, entrée en vigueur le 24 octobre 2024), qui impose désormais une part minimale de non coté dans la gestion pilotée (mode où l'assureur choisit les supports selon le profil de l'épargnant) des contrats d'assurance-vie et des plans d'épargne retraite : au moins 4 % pour un profil équilibré, jusqu'à 8 % pour un profil dynamique. S'y ajoute le cadre européen ELTIF 2.0 (en application depuis janvier 2024), qui permet à des fonds non cotés de supprimer leur ticket d'entrée élevé pour viser une clientèle de détail.
Un rattrapage par rapport à l'international, mais à conditions différentes
L'enjeu est un rattrapage. Les family offices et banques privées internationales allouent couramment jusqu'à 20 % des portefeuilles de leurs clients fortunés au non coté, quand l'investisseur particulier français y consacre rarement plus de 1 à 2 % — un écart qui tient historiquement à l'accès, le ticket d'entrée des fonds classiques avoisinant 100 000 euros minimum. Les nouveaux véhicules abaissent cette barrière à des tickets de 100 à 100 000 euros, souvent via des fonds evergreen (fonds ouverts en continu, sans date de liquidation fixe, qui facilitent entrées et sorties), lesquels représentent désormais 72 % des encours détenus par les particuliers. Mais l'accès démocratisé ne reproduit pas les conditions institutionnelles. Le rendement annuel moyen de ces fonds accessibles aux particuliers s'établit à 5,4 % (6,0 % pour les evergreen) selon France Invest — un chiffre qui ne se compare pas directement au TRI net de 10,7 % sur dix ans des fonds professionnels matures mesuré par l'étude performance France Invest/EY : méthodes, maturité et structures de frais diffèrent, et les deux univers ne sont pas superposables.
Ce que ça signifie pour un investisseur non-professionnel
Trois repères de lecture, sans aucune recommandation. D'abord les frais : France Invest relève un niveau effectif de 2,47 % par an sur ces fonds, et l'empilement des coûts (contrat, fonds nourricier, fonds maître) peut dépasser 4 % par an selon certains analystes — ce qui pèse lourdement sur le rendement net. Ensuite la dispersion : dans le non coté, l'écart de performance entre les meilleurs et les moins bons fonds atteint environ 13 points, contre à peine plus d'un point sur les marchés cotés — la moyenne dit donc peu de chose du résultat individuel. Enfin la liquidité : ces actifs immobilisent le capital sur des années, et les sorties anticipées peuvent être pénalisées. La démocratisation élargit l'accès ; elle ne supprime ni le risque, ni l'illiquidité, ni le coût.
À retenir
- 3,1 Md€ collectés auprès des particuliers en 2025 (+8 %), 14,5 Md€ d'encours à fin 2025, surtout via l'assurance-vie.
- La loi Industrie Verte impose 4 à 8 % de non coté en gestion pilotée selon le profil.
- Frais effectifs de 2,47 %/an et dispersion de ~13 points entre fonds : la moyenne ne garantit rien.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.